Concept de la naturopathie

Alimentation saine et équilibrée

La naturopathie s’interdit d’intervenir dans toutes les urgences médicales et chirurgicales : débordements infectieux, blocage d’un organe vital, déséquilibre majeur du milieu intérieur ou du comportement, lesquelles urgences sont du domaine exclusif de la médecine allopathique conventionnelle.

Outre sa fonction préventive et curative, le naturopathe a pour mission première une véritable éducation à la santé, en redonnant le vrai sens à la santé et à la nature, en informant ses patients sur la (les) cause(s) de leurs maladies et sur les moyens à mettre en œuvre pour entretenir et/ou pour recouvrer sa santé à l’aide des quatre piliers de la naturopathie que sont les règles de la « vie saine » :

 

  • une alimentation saine et équilibrée,
  • une activité physique adaptée,
  • un environnement naturel ou revivifié,
  • une gestion correcte du stress et des émotions.

Répondant à l’adage d’Hippocrate : « d’abord ne pas nuire », la naturopathie s’énonce comme étant une philosophie, une science et un art en relation avec le respect de la Vie, de la Nature et de la Tradition visant à apporter à l’individu un niveau optimal de santé.
La philosophie naturopathique se fonde sur trois principes fondamentaux :

  • vitalisme (énoncé des lois de la vie)
  • humorisme (énoncé des lois de la maladie)
  • naturisme (énoncé des méthodes naturelles d’hygiène vitale et de régénération)

et sur quatre principes annexes :

  • causalisme (étiologie originelle),
  • régulationisme (biocybernétique : homéostasie / hétérostasie / téléostasie),
  • fonctionnalisme (constitution, terrain, diathèse, comportement),
  • holisme (systémique / globalité et notion moderne de champs quantiques).

La science naturopathique nécessite de bien connaître et de comprendre tous les bio-mécanismes physiques, chimiques, embryologiques, physiologiques, énergétiques, écologiques, psychologiques, spirituels et même ontologiques qui déterminent un équilibre dynamique pour la santé humaine. Cette science se fonde sur la « tradition médicale hippocratique » dont les principes peuvent s’énoncer par :

  • l’équilibre des quatre humeurs (humorisme en naturopathie),
  • l’application des trois grandes lois fonctionnelles de la biologie :
    • les contraires (allopathie moderne dont l’origine remonte à GALIEN),
    • les semblables (spagyria de PARACELSE et homéopathie de HAHNEMANN),
    • les drainages (épurations dans toutes les médecines traditionnelles du monde), dont on peut schématiser le principe en affirmant que, pour tout organisme vivant, :
      • l’allopathie, c’est le maximum supportable,
      • l’homéopathie, c’est le minimum efficace,
      • la naturopathie, c’est la régénération fonctionnelle et l’équilibre vital.
  • deux règles fondamentales : « d’abord, ne pas nuire » et considérer chaque patient comme un « cas unique » nécessitant un traitement individualisé selon sa constitution, et non pas un protocole thérapeutique en fonction d’un tableau clinique ou d’une pathologie diagnostiquée, comme pour le médecin allopathe.
  • la « physis »* ou énergie vitale : puissance naturelle spécifique à la vie (vitalisme naturopathique) se doit d’être évaluée et stimulée pour chaque individu afin d’entretenir sa santé et de lui permettre de combattre sa(es) maladie(s) .

* ce mot grec « physis » a engendré le nom anglais « physician » lequel signifie « médecin » en français !

Selon une étude canadienne, voici un comparatif des deux approches en matière de Santé :

Approche naturopathique

Approche médicale classique

La santé est une valeur positive et une sensation de bien-être résultant de l’intégration des aspects physiologiques, psychologiques, sociaux, culturels et spirituels de l’individu. La santé est l’absence de maladie. Elle correspond à un débalancement (ou déséquilibre) physiologique et biochimique par rapport à une norme statistique.
La douleur et la maladie tendent à être perçues comme un processus, une occasion de connaissance et de croissance. La douleur et la maladie tendent à être perçues comme un état à éliminer.
La responsabilité de la santé tend à être partagée entre le client et le thérapeute. Tendance à la prise en charge par le thérapeute.
La responsabilité de la santé tend à être partagée entre le client et le thérapeute. Le thérapeute tend à aider le client à miser sur sa conscience de soi et à stimuler les forces positives de guérison de son organisme. Tendance à la prise en charge par le thérapeute. Le thérapeute tend à rester neutre au plan affectif; il tend à miser sur la technologie pour prendre la relève de l’organisme en vue de la guérison
L’intervention tend à être minimale.Le diagnostic fait partie du traitement. L’intervention est davantage perçue comme un art. L’approche tend à être centrée sur le «care». (care = se soucier, assister). L’approche tend à valoriser l’expérientiel et le subjectif. L’être humain tend à être vu comme un système dynamique en relation avec d’autres champs d’énergie. Tendance à l’interventionnisme. Le diagnostic est une opération distincte du traitement. L’intervention est davantage perçue comme une science. L’approche tend à être centrée sur le «cure». (cure = soigner, réparer) L’approche tend à valoriser l’expérimental et l’objectif. L’être humain tend à être vu comme un ensemble de systèmes biologiques hiérarchisés assumant chacun une fonction précise dans l’organisme.

Références : SAILLANT (Francine), ROUSSEAU (Nicole), LAVERGNE (Marthe)
Notes pour une définition des pratiques alternatives et des thérapies douces au Québec
Québec, Santé mentale au Québec : 1987 ; Vol. XII-I, p. 24.